Sur l’amour

Sur l’amour.

Tout simplement.

Parce que c’est ça qu’il devrait être, l’amour. Simple. Et beau. Et vrai.


En cette belle, glorieuse et oh combien commerciale journée de l’amour, la Saint-Valentin, je m’interroge sur le phénomène, le sentiment, l’émotion, les relations, avec nous, avec les autres, la dérive et la dérape de sa définition et de notre compréhension et toutes les implications de ce mot : amour. Comment se fait-il qu’un mot qui ne devrait faire que le bien a pris une tournure de la sorte? Combien de gens ont peur de l’amour? Combien de gens détestent cette journée spéciale qui la célèbre? Combien de personne pensent que l’amour, c’est de la marde?!?!

Moi je suis kétaine et chanceuse. Kétaine car j’aime toutes les fêtes, dont la St-Valentin. Tout mon primaire, je créais des valentins pour l’ensemble de mes camarades de classe. Je préparais des attentions pour ma famille, qui en avait aussi pour moi. Mon grand côté kétaine/cute, je pense qu’il me vient de ma mère, qui préparait toujours de jolies attentions pour moi. Et la St-Valentin était une occasion de marquer la journée par des pensées et gestes spéciaux.

Chanceuse car de l’amour, j’en ai toujours reçu. Pas toujours de la meilleure façon, parfois accompagné de souffrance, mais toujours, il y a eu des gens pour m’aimer. La famille, oui, des amis aussi. Et des parents, des voisins ou autre, des gens pour me montrer la bienveillance.

Mais l’amour, c’est complexe, même si ça ne devrait pas l’être. On apprend l’amour comme il nous est enseigné, et cette amour est souvent contradictoire… Mes parents se sont divorcés alors que j’étais toute jeune. Mon père était un homme colérique. Ma mère une femme trop tendre. Je me suis mise tôt aux exercices de sabotage, dans mes relations d’amitié. Je piquais des colères, à mon tour, et je mettais fin à de belles relations, sans trop comprendre ce qui venait de se passer. J’ai grandi devant les séries télé toujours un peu trop dramatiques, où l’amour est fusionnel, passionné, charnel et destructeur.

Puis, vint le temps des relations. Très jeune, j’avais « un petit chum », puis à l’adolescence, des relations plus sérieuses. Et j’ai commencé à dire « je t’aime » à certains hommes, en pensant à chaque fois et sincèrement que lui, c’était le bon, mon prince charmant, et que malgré les difficultés, nous allions passer le reste de nos jours ensemble. Je présume qu’au bout de quelques ruptures, la désillusion a embarqué et j’ai commencé à changer de mentalité….

Il y aura eu cette décennie – la vingtaine – où je n’ai pas eu de relation amoureuse. Je n’ai plus dit « je t’aime » à un homme, sauf ceux de ma famille. Je ne dis pas avoir été chaste; il y aura eu plusieurs homme, amants ou autres relations plus ou moins définies. Et là aussi, le sabotage faisait des ravages. Si un homme s’intéressait à moi, alors j’en avais très peu d’intérêt, ou seulement à des fins pratiques et pour une courte durée de temps. Si un homme était mystérieux, distant, troublé, une inaccessible étoile, alors, je voulais le séduire, le charmer. Et même si cela se produisait pour quelques moments, leur bête noire revenait les hanter, les doutes montaient, et la relation, déjà chancelante, s’effondrait vers l’abysse. Ou je faisais quelque chose qui nous menait vers une même impasse.

La chasse pouvait être valorisante, stimulante, et il faisait bon de se sentir désiré dans le regard d’un homme. Oh comme je l’ai aimé, le jeu de la séduction. Mais comme j’ai un mal, à l’orgueil parfois, mais à mon cœur plus souvent. Et j’ai pleuré.  Même si je la jouais cool et forte en public, les échecs laissent toujours des petites traces sur mon cœur, et me rendait plus sceptique et perplexe sur la question de l’amour.

À la mi-vingtaine, je me rappelle avoir fait un pacte avec un ami/amant… que si à trente ans, nous n’avions pas d’enfant, nous allions en concevoir ensemble…. Cette vision de la vie et des relations me semble si triste aujourd’hui, mais me réjouissait à une autre époque. Je m’imaginais, avec cet homme, une inaccessible étoile, dans une relation passion amour-haine, à partager un quotidien parsemé de moments tendres et de colère, et je ne pouvais pas imaginer mieux pour moi-même. Cela allait être ma vie, je ferais sûrement des dépressions à travers le parcours, et sûrement qu’avant longtemps nous aurions des amants… mais j’étais satisfaite devant cette perspective…. Face à la réalité, avec tant de divorces, tant de drames, tant de déchirures, comment pouvais-je espérer mieux?

Quand la trentaine approchait, il y eu des grands changements dans ma vie. De grandes réflexions. La découverte ou l’ouverture à la spiritualité, qui a en son centre l’amour. L’amour de soi, l’amour de l’autre, l’amour de toute chose et toute création. Ma conception de l’amour a explosée.

Je ne savais pas ce que je voulais, mais je savais que cette idée de ma caser avec un homme pour rentrer dans une relation blessante et malsaine et y inclure des enfants, elle ne faisait plus de sens.

Puis un jour, j’ai trouvé ceci :

Je ne sais pas de qui est ce texte. Je pense bien l’avoir croisé, adolescente. Si ce n’était pas une version écrite, c’était du moins à travers les enseignements d’une sage dame au grand cœur, mère de tous les enfants, Sylvie. Sylvie croyait au reiki, à une époque où ma compréhension des enseignements de la science de me permettaient pas d’y croire. Mais je la respectais et j’aimais ses leçons sur la vie.

Ce texte, il fait aussi parti de mon manuel de formation de reiki. Parce que oui, maintenant que mes concepts théoriques de la science et de l’ésotérique se sont rejoints, dans le monde du possible, j’ai deux certifications de reiki… De sceptique à apprentie… Mon manuel de formation de reiki, c’est un recueil de photocopies de photocopies, qui nous apprend l’histoire, la culture, la théorie et la pratique de cet art et qui cache entre ses pages ce poème sur l’amour. Cette série de réflexions sur l’amour.

Et ces questions, oh comme elles m’ont fait réfléchir.

Dans mes premières lectures de ce texte, ou plutôt à ma première lecture avec intention de ce texte, j’ai dû répondu « non » à toutes ces questions…. J’étais tellement loin d’être dans l’amour inconditionnel que je ne comprenais pas vraiment comment un tel amour était possible. Ces questions collaient parfaitement bien avec les concepts de l’amour sans égo enseigné à travers la spiritualité.

Mais moi ce que je connaissais, c’était un amour compliqué. Un amour dans la séduction, la chasse, les mind-games, les écarts, les pleurs et les déchirures… Un amour en montagne russe, intense, avec des cris et des pleurs. Mais tout ça, ce n’est pas l’amour.

L’amour, l’amour vrai, je pense que c’est ce que nous sommes censés apprendre sur cette terre, dans notre passage dans ce corps matériel. L’amour, comme la source de vie, la source de tout, cette force qui nous unit et nous rassemble. Cette force qui vit au plus profond de nous. Notre divinité intérieure.

Cet amour, il est loin de l’égo. Loin de la possession. Il est pur. Et il se base avant tout sur une capacité à s’aimer soi-même. Car c’est tout ce que l’on a vraiment, cette expérience à travers le soi. Mais j’ai tant de mal à m’aimer moi-même. Parfois, il me semble que c’était un peu moins complexe avant l’explosion du numérique, avant l’arrivée des médias sociaux et des photos retouchées, plus belle que nature. Avant que tout le monde flash et se montre sous son plus beau jour, éviter au passage les côtés plus gris ou sombres… On ne nous apprend pas à nous aimer soi-même. Et si Sylvie a tenté de me le montrer et de me le faire comprendre, les heurts accumulés au fil des ans, les échecs et les déceptions m’ont fait oublier… Les états dépressifs aussi, ça n’aide pas à trouver confiance en soi, à bien s’aimer, dans toutes nos facettes.

Mais pourtant elle est la base. On m’a souvent dit qu’on ne pouvait pas aimer quelqu’un si on ne s’aimait pas soi-même. Et cela a du sens, même si la pratique est tout autre.

Qu’en est-il de ma capacité à aimer les autres ? Autant les amis que les amours, et même ma famille ? Je repense à des relations où j’ai voulu pousser trop fort mon opinion, sans respecter l’autre, et la relation s’est effondrée ou en a souffert longtemps. Moi qui ai une opinion sur tout, tout le temps… et bien que je m’adoucisse avec les années, j’ai cette tendance à croire que mon opinion est la meilleure, sinon la seule valable. Que ma perspective sur la vie est la bonne, alors que cela ne pourrait être plus faux. Notre expérience de vie est très limitée, et ne se base que sur notre vécu. Comment puis-je savoir ce qui est bien pour l’autre, alors que je connais si peu de son histoire et de son contexte, de ses désirs, de ses peurs, de ses capacités, de ses blocages ? Pourquoi et de quel droit puis-je imposer mon point de vue, surtout si je le fais en implorant que c’est par amour pour eux.

L’amour inconditionnel se fait dans l’ouverture et la bienveillance. On peut partager nos opinions avec les êtres chers, mais pas essayer de leur enfoncer à travers la gorge… On peut les guider, les écouter, être présent et aimant, même si nous ne sommes pas toujours d’accord…

L’amour inconditionnel, c’est aussi le pardon. Pardonner aux autres leurs erreurs, nous pardonner de nos erreurs. Le pardon, je ne suis pas très bonne avec ça non plus. Je m’en veux encore pour des événements qui datent maintenant de plus d’une décennie. J’en veux encore à des personnes qui m’ont blessé. J’ai beau me dire que ces personnes ont fait de leur mieux, avec ce qu’ils avaient (car c’est la seule chose que l’on fait), je n’arrive pas à décrocher. Et je sais que cela me nuit et me retient, et m’éloigne de l’amour véritable.

Mais tout cela, ça s’apprend. À grand coup de conscientisation de nos mécanismes relationnels, parfois maladroits, parfois limitants.

Dans mes réflexions pré-crise-de-la-trentaine, j’ai décidé que ce que je voulais, c’était fonder une famille dans un contexte sain. De trouver un homme avec qui je pouvais m’engager et bâtir quelque chose de solide, pour y faire grandir des enfants dans l’amour. Une relation imparfaite comme toute chose, mais honnête et douce. Et c’est ce que je bâtis aujourd’hui, avec un homme bon et tendre. Disponible, présent, et non pas une étoile filante… Notre relation a des hauts et des bas, mais nous travaillons chaque jour à mieux se connaitre, à se rendre heureux, à construire nos projets communs. Et cet amour, il se base sur la communication et l’ouverture. Au fil des ans, des situations se sont manifestées qui me font voir que je me rapproche de l’amour inconditionnel. Je tente d’être à l’écoute de ses besoins, et j’ose croire que j’aurais la présence d’esprit de le laisser aller si cela était mieux pour lui. Je n’ai plus la mentalité possessive de me dire « c’est MON chum ». Non. C’est un être à part entière, et ce que je veux pour lui, c’est qu’il soit heureux. Je suis contente de chaque jour où ce bonheur est partagé avec moi. Mais s’il en venait qu’à être malheureux, je préfèrerais le laisser partir pour qu’il puisse s’épanouir pleinement….

Chaque jour avec lui et dans mes interactions avec les autres m’apprend à être plus ouverte, à accepter les choses telles qu’elles le sont, à avoir moins d’attente, à être moins critique et plus reconnaissante… Je suis perfectionniste et j’ai des problèmes de contrôle, alors il y a beaucoup de chemin à faire!! Mais lorsque je pense à nos quatre années de chemin commun, je vois comment nous avons évolué conjointement, et comment je grandis chaque jour, porté par ce désir de bonheur, individuel et à deux, et porter par ce désir de connaitre l’amour vrai.   

Alors je ne vous souhaite pas de connaitre l’amour dans la définition paradoxale et tiraillée que nous sommes trop nombreux à avoir. Je vous souhaite un amour sincère et porteur, un amour vrai, un amour inconditionnel. Je vous souhaite de trouver une relation qui vous permette de grandir, de puiser le meilleur en vous, et de redistribuer cette force et cet amour.

Et je ne fais pas seulement allusion aux relations amoureuses. Oui, il y a quelque chose de très particulier à ces relations au quotidien, dans ce désir de partager les années ensemble, de construire ensemble, dans l’intimité. Mais les relations amicales et familiales recèlent une richesse différente, mais qui peut être tout aussi porteuse et bénéfique. Combien de fois mes ami. e. s m’ont sauvé ? Combien de fois leur amour a été un baume sur mon cœur, un énergisant sentiment de partage et de joie ?

Il est temps de revoir notre définition de l’amour, de comprendre que l’amour qui fait mal, ce n’est pas de l’amour. Il faut apprendre des blessures du passé pour ne plus les reproduire. On doit s’entourer de gens qui veulent notre bien, même s’ils sont parfois maladroits et blessants. Ils font de leur mieux avec ce qu’ils ont. Il faut apprendre à pardonner, à se pardonner, et à se respecter aussi. Il faut chaque jour aimer au meilleur de nos capacités, et rester ouverts aux leçons de la vie. L’amour est une belle chose, redonnons-lui son sens le plus profond. Accordons-nous le bonheur de connaitre l’amour vrai.

Et je vous invite encore une fois à un 5 minutes de réflexion. C’est quoi l’amour pour vous ? Connaissez-vous ce vrai amour ? Vous permettez vous de vivre l’Amour avec un grand A, comme vous le méritez? Êtes-vous dans l’amour inconditionnel ? Est-ce qu’il y a eu un autre sujet ou situation aujourd’hui qui mériterait peut-être ce 5 minutes de réflexion ? Peut-être voudriez-vous coucher des idées sur papier ? Ou peut-être voudriez-vous bricoler un valentin à un être cher, ou mieux encore, à vous-même ?!

Sur ce, bonnes réflexions, responsabilisations et rayonnement !!

Namaste,

Val Godro

Nous passons 15 ans à l’école et pas une fois on nous apprend la confiance en soi, la passion et l’amour qui sont les fondements de la vie.

– Albert Einstein

6 réflexions sur “Sur l’amour

  1. Je lit ton texte, collée ben dure avec ma fille qui fête ses 3 ans aujourd’hui, au lendemain de la fête de l’amour, et je ne peux m’empêcher de penser que j’en ai de la chance, car j’ai le coeur rempli d’amour pour mes enfants, mon conjoint, mes amies et ma famille. Je ne suis pas toujours parfaite dans ma façon d’aimer, mais à la quantité d’amour que je reçois de tous veux qui m’entourent, je dois faire quelque chose de correcte. ❤

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