Sur la pensée critique, ceux qui raisonnent et ce qui résonne

La pensée critique, mais qu’est-ce? Pour moi, c’est la faculté que nous avons à analyser une situation, par rapport à l’information reçue et de la « juger » avant de « la prendre pour du cash » et de l’intégré dans notre lot de connaissance.

À l’école, toute jeune, je me souviens avoir appris qu’il existait deux grandes catégories d’information : les faits et les opinions. Les faits étaient des données réelles, vérifiables, que l’on pouvait démontrer par la science, par des mesures, par des observations tangibles. La terre est ronde. Les chats ont (normalement) quatre pattes. Les carottes poussent dans le sol. Les opinions étaient plutôt des jugements, des appréciations personnelles d’une situation. Il fait beau dehors. J’aime les chats et les carottes….

Il existait une distinction claire et nette, qui permettait de séparer le vrai du faux, les faits des opinions, et cet aspect de clarté a certainement contribué à développer mon fort intérêt pour les sciences. Je voulais moi aussi participer aux avancées des connaissances humaines, ajouter des lignes dans les manuels scolaires ou scientifiques, faire cheminer l’état de nos connaissances….

Mais voyez comme tout cela est écrit au passé… Parce qu’entre ma jeunesse naïve des années quatre-vingt et maintenant, il y a eu un changement explosif : l’avènement d’internet. Ahhhh internet, comme j’ai des sentiments partagés face à toi!! Tu es si agréable quand tu me donnes la possibilité de voir une photo de mon amie s’amuser avec ses enfants, quand tu me permets de me connecter avec une personne à 5000 km de moi, quand je veux trouver une recette de sauce aux amandes pour aller avec mes rouleaux de printemps… Mais internet, comme tu peux être moche quand tu présentes des mensonges comme une vérité, quand tu rends l’information trompeuse, quand tu rends possible l’intimidation, quand tu blesses des gens….

Je suis certaine que vous avez déjà fait des recherches sur internet pour tomber sur des résultats contradictoires. N’importe quel sujet qui soulève un débat serait un bon exemple : les protéines dans l’alimentation végétarienne, les risques liées aux lignes de haute tension (recherche que j’ai fait au courant de la dernière année, et qui m’amenait autant vers des articles qui soulignaient les risques que d’autres qui affirmaient que c’était sans danger), les vertus d’un nouveau mode alimentaire, la vaccination!! Mais ça peut aussi être des affaires ben banales genre le meilleur moyen pour dégraisser mon four ou comment traiter ma plante malade…. Un te dit une chose et un autre répond que c’est la pire idée du monde….

Comment se fait-il que je puisse facilement trouvé une information et son contraire, que les deux soient présentés comme étant factuelles, des vérités immunables, alors qu’elles sont en opposition et contradiction?! Où sont les faits, où sont les opinions? Ces données peuvent pourtant être cruciales dans nos prises de décisions ou nous exposer à des dangers.

Aujourd’hui, il semble que la ligne entre les faits et les opinions s’efface et qu’il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver. Et oui, on peut blâmer la désinformation. Elle est là. C’est notre nouvelle réalité et elle ne disparaitra pas du jour au lendemain. Je pense que ce que l’on devrait faire, c’est de prendre une pause, de réfléchir, d’appliquer la pensée critique et se responsabiliser dans cette situation. Une nouvelle information devrait être validée par rapport à notre schème de pensée actuel, nos connaissances, nos croyances, les « faits » qui font partie de notre bagage. Et il faut valider cette information avec des sources de renseignement fiables et variées, que ce soit à travers les médias, notre cercle d’ami, des gens que nous respectons et en qui nous croyons.

Et j’aimerais bien ça dire qu’on peut faire confiance aveuglément aux médias, mais du lot énuméré plus haut, c’est ceux dont je serai le plus critique. Certains médias sont malheureusement corrompus, manipulés par les intérêts des investisseurs, des décideurs, des dirigeants… Ou sinon, on est tellement à la recherche du buzz, d’un engouement pour créer un effet choc que le discernement des chroniqueurs pogne le bord, au profit du nombre de clic, du nombre de lecteurs, de la broue que ça brasse…. On a quand même pas mal tous une idée du « ranking » de crédibilité des médias de la province : journaux, chaine télé, revue et cie… Soyez honnête avec vous-même. Peut-être que vous préférez un certain journal pour son format plus pratique ou sa belle section de jeux, mais s’il fait dans l’hypersensationnalisme, ce serait peut-être bien d’aller voir d’autres sources d’info avant de tirer des conclusions hâtives… Il faut questionner la source même de l’information. Rester ouvert, mais critique.

Il faut sûrement aussi mentionner que de la nouvelle information, on en rencontre plusieurs centaines, voir milliers de fois par jour dans notre ère du numérique, et que consciemment ou non, on applique ce processus-là. Suis-je la seule qui a le cerveau qui surchauffe ?

Il faut donc raisonner devant une nouvelle information, idée, situation… Et ce serait la raison, faculté dite propre à l’être humain, qui nous permet de départager le vrai du faux ou le bien du mal…

Mais j’ajoute une couche : ce qui est bien pour moi n’est pas nécessairement ce qui est bien pour toi et vice versa. Bien que nous sommes tous pareil dans l’énergie universelle qui nous constitue (je vous avais dit qu’il allait y avoir des tits bouts weird…) nous sommes tous uniques ! Nous sommes tous différents et avons tous un parcours, un bagage, une séquence d’acide désoxyribonucléique (ADN en court!!) distincte et de ce fait, ce qui s’applique à un ne fera pas nécessairement pour l’autre.

C’est donc ben mélangeant tout ça ?!?! Mais on croit quoi ?! On croit qui ? On fait quoi ? On suit qui ?

Et c’est ici que j’ajoute la notion de résonnance ; sur notre parcours de vie, il faut apprendre à cerner ce qui résonne en nous, ce qui nous correspond, ce qui nous amène là où on veut aller (encore faut-il avoir une petite idée d’où on veut aller, mais ça c’est un autre dossier en soit !) On pourrait parler d’intuition, de suivre nos instincts, cette petite voie en nous, pas assez souvent écoutée, qui veut notre bien…

Devant un nouveau fait, je crois qu’il faut avant tout comparer cette information à notre bagage actuel, appliquer une logique scientifique dès que possible et appliquer aussi la pensée critique. Je raisonne — j’applique un raisonnement. Mais même si je juge la situation comme un fait, ou une hypothèse plausible ou une solution intéressante, ça ne veut pas dire que je le mets en pratique ou en application. Je résonne — est-ce que cela a une résonnance pour moi ? Parce que je peux ben la trouver intéressante cette nouvelle proposition d’exercices et penser que la science derrière est pertinente, mais peut-être que je n’ai juste pas besoin ou envie de ça dans ma vie présentement… même si c’est obvious que je pourrais bénéficier de plus d’exercice dans ma vie  présentement…

Et de ça, on peut aussi retenir le fait qu’on ne doit pas forcer nos opinions, nos choix, ou ce que l’on pense être des faits sur les autres. Toujours l’ouverture et le partage, mais toujours le respect des différences. Et ça aussi, on y reviendra sûrement, entre autre lorsqu’on parlera des choix alimentaires….

Ce processus de réflexion et d’application de la pensée critique est aussi valable pour ce que vous pourrez lire à travers ces pages. Je vous partage parfois des faits, parfois des opinions, mais avant de gober tout ça, il faut le tester, pour vous. Si je vous suggère un produit zéro-déchet, si je vous parle d’une croyance spirituelle, ou de mes consommations de substances, il faut se demander si ça vous semble vrai, pertinent et applicable à vous, si c’est bon pour vous, si ça RÉSONNE EN VOUS.

Et le sujet est tellement plus vaste et complexe, parce qu’on n’a même pas parlé de comment les émotions, les sentiments et les liens affectifs, les préjugés et les peurs pouvaient nous affecter dans notre processus de réflexion. Et nuire à l’application de la pensée critique… et perturber notre capacité à déceler les résonnances…

Mais je m’arrête là pour aujourd’hui, en vous proposant de prendre un cinq minutes de réflexions. Est-ce que ce texte vous a inspiré une idée, une impression, une émotion ? Est-ce qu’il y a eu un autre événement aujourd’hui qui mériterait peut-être ce 5 minutes de réflexion ? Peut-être voudriez-vous coucher des idées sur papier ?

Dans le prochain article, on parlera d’un sujet beaucoup plus concret et pas tout à fait glamour… ce sera une belle opportunité pour vous d’appliquer raisonnement et résonnement !!

Donc, si je peux me permette une tentative de conclusion sur ce sujet vaste et nébuleux : faites confiance, mais soyez quand même critique, vigilant, et appliquer un discernement devant une nouvelle information. Parallèlement, soyez alerte à vous, vos besoins, votre essence. Appliquez la pensée critique, raisonnez, mais validez si ça résonne en vous !

Et pour aller plus loin, je peux vous suggérer cette courte et cute vidéo – 5 tips to improve your critical thinking. C’est en english, mais c’est bon pour vous pratiquer le bilingue…

Sur ce, bonnes réflexions, responsabilisations et rayonnement !!

Namaste,

Val Godro


Ce que nous sommes aujourd’hui résulte de nos pensées d’hier ; 
et de nos pensées d’aujourd’hui dépendra notre vie de demain :
notre esprit bâtit notre vie.
Bouddha

Une réflexion sur “Sur la pensée critique, ceux qui raisonnent et ce qui résonne

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